Reprise de poids après régime : et si ce n’était pas vous, le problème ?

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Vous connaissez les chiffres par cœur. Le poids d’avant le régime. Le poids le plus bas, celui des compliments. Et le poids d’aujourd’hui, qui a rattrapé le premier. Parfois dépassé.

Alors vous refaites le calcul, toujours le même : j’ai perdu douze kilos, j’en ai repris quinze. Et la conclusion tombe, toujours la même elle aussi : je n’ai pas su me tenir. J’ai relâché. C’est ma faute.

Stop !

Permettez-moi de vous dire quelque chose d’important, quelque chose qu’il faut que vous entendiez tout de suite, maintenant. Et je ne le dis pas uniquement parce que c’est mon métier : je le dis aussi parce que ça fait partie de ma vie, parce que je l’ai vécu. La reprise de poids après un régime n’est pas un accident de parcours. C’est le fonctionnement normal du régime.

Vous n’avez pas échoué à faire un régime. Le régime a parfaitement réussi à faire ce que les régimes font.

Ce qui se passe vraiment dans votre corps pendant un régime

Votre corps ne sait pas que vous voulez rentrer dans un jean. Ce qu’il constate, lui, c’est que l’énergie n’arrive plus. Et il a été façonné par des centaines de milliers d’années où ce signal voulait dire une seule chose : la nourriture manque, il faut survivre.

Alors il fait son travail, et il le fait remarquablement bien. Il réduit ses dépenses. Il augmente la faim. Il rend la nourriture plus présente dans vos pensées, plus attirante, plus difficile à ignorer. Vous appelez ça craquer. Lui, il appelle ça juste vous maintenir en vie. C’est son boulot, en fait.

Une équipe de recherche en Australie, par exemple, et c’est un exemple parmi tant d’autres, a suivi des personnes après un régime hypocalorique strict et a mesuré leurs hormones de la faim et de la satiété. Un an après la perte de poids, ces hormones n’étaient toujours pas revenues à leur niveau de départ : elles poussaient vers la reprise, encore et toujours, longtemps après la fin du régime (Sumithran et coll., New England Journal of Medicine, 2011). Un an. Ce que vous pouvez ressentir comme un manque de volonté qui s’éternise est en réalité une réponse physiologique, hormonale, de votre organisme. Comme de celui de n’importe qui d’autre. Et c’est établi depuis des années.

Ne serait-ce qu’en 2010, déjà, l’agence sanitaire française écrivait noir sur blanc que les régimes amaigrissants provoquent des modifications profondes du métabolisme, à l’origine d’un cercle vicieux de reprise, parfois au-delà du poids de départ, et que « plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise pondérale » (Anses, rapport sur les pratiques alimentaires d’amaigrissement, 2010). Ce n’est pas un blog qui le dit. C’est l’agence nationale de sécurité sanitaire.

Posez-vous alors la vraie question. Si la reprise était une affaire de caractère, pourquoi toucherait-elle presque tout le monde, y compris les gens les plus disciplinés que vous connaissez ? Dans ma patientèle, les personnes qui ont repris le plus de poids sont très souvent celles qui ont eu le plus de volonté, le plus longtemps. Celles qui se restreignent le plus, qui mangent comme des petits oiseaux. Ce ne sont pas les personnes les moins courageuses, loin de là. Ce sont les plus guerrières, celles qui ont enchaîné le plus de régimes.

Le poids que votre corps défend

Maintenant, laissez-moi vous parler d’une notion que presque personne ne vous a expliquée, alors qu’elle change toute la lecture de votre histoire : le poids d’équilibre. Le set point, comme disent les scientifiques.

Votre corps défend un certain poids, comme il défend une température de 37 degrés. Vous ne l’avez pas choisi, pas plus que vous n’avez choisi votre pointure. Quand vous descendez en dessous par la restriction, lui, il ne voit pas un progrès : il voit une alerte. Et il mobilise tout ce qu’il sait faire pour remonter. La faim qui monte, les pensées qui tournent autour de la nourriture, l’énergie qui baisse : ce ne sont pas des faiblesses, c’est juste sa boîte à outils.

Et voici le point important, celui qui déjoue les promesses qu’on a pu vous faire dans les deux sens : personne ne connaît votre poids d’équilibre à l’avance. Pas vous. Pas moi. Aucune formule, aucun IMC, aucune application ne le calcule. Il n’est pas forcément le poids de vos vingt ans, ni le poids rêvé, ni le poids actuel. La seule chose qui soit à peu près certaine, c’est que des années de lutte contre lui ne vous ont jamais permis de savoir où il se trouve, puisque vous n’avez jamais cessé de tirer sur la corde.

C’est pour cela que je ne promets jamais un chiffre à mes patients. Ce que je leur propose est différent, et je vous le propose de la même façon : ce poids d’équilibre, on le découvre ensemble, en rendant à votre corps ce qu’on lui a confisqué depuis des années, la possibilité de réguler.

Pourquoi chaque régime rend le suivant plus difficile

Il y a une chose que vous avez peut-être remarquée sans oser vous l’avouer : le premier régime avait bien marché. Le deuxième un peu moins. Le dernier, presque plus, alors que vous n’avez jamais été aussi rigoureux.

Là encore, ce n’est pas vous. À chaque cycle, votre corps apprend. Il a déjà connu la famine, il s’en souvient, et il se défend plus vite, plus fort. Lui, il ne retient qu’une chose : la dernière fois, on a manqué. La restriction s’installe aussi dans la tête : plus un aliment est interdit, plus il occupe les pensées, et plus la rupture, quand elle arrive, est brutale. Ce mécanisme porte un nom, la restriction cognitive, et il explique une grande partie de ce que vous pouvez prendre pour de la gourmandise, y compris ces fins de soirée devant le placard.

Et il y a l’usure. Celle dont les personnes que j’accompagne parlent le mieux, quand elles finissent par la formuler : depuis vingt ans, je suis soit au régime, soit en train de préparer le prochain. Jamais tranquille. Jamais en paix, pas une seule fois. Si vous vous reconnaissez dans cette phrase, vous savez déjà que le problème n’est pas votre assiette. C’est la guerre elle-même.

Ce qui change quand on arrête de se battre contre son corps

Arrêter les régimes ne veut pas dire renoncer, ni se laisser aller, ni faire une croix sur son poids. Cette confusion entre lâcher prise et abandonner mérite d’ailleurs une explication à part entière.

Arrêter de se battre contre son corps, concrètement, ça veut dire cesser de lui imposer des règles extérieures et réapprendre à entendre les siennes : la faim, le rassasiement, l’envie, la satisfaction. Ces signaux existent toujours, chez tout le monde. Des années de régimes en ont baissé le volume, parfois jusqu’au silence, mais ce qui a été désappris peut se réapprendre. C’est exactement le travail que je mène en consultation et dans EatZen, où je détaille notamment les trois raisons légitimes qui nous donnent envie de manger. Parce que non, il n’y en a pas qu’une.

Et le poids, dans tout ça ? Je vous dois une réponse honnête, la même qu’en consultation. Quand la régulation revient, l’alimentation change en quantité et en qualité, naturellement, sans plan ni contrôle, et le poids se dirige progressivement vers ce fameux poids d’équilibre. Chez beaucoup de personnes dont le poids actuel est le plus haut jamais atteint, ce mouvement est une décrue. Mais je ne vous promets ni un chiffre, ni un délai, parce que personne d’honnête ne le peut. Ce que je peux vous dire, c’est ceci : la perte de poids redevient possible, et surtout elle cesse d’être le prix à payer pour avoir la paix.

Vous avez peut-être passé des années à acheter la tranquillité au prix de la privation, sans obtenir ni l’une ni l’autre. Il existe un autre ordre des choses : la paix d’abord.

Par où commencer

Pas par un nouveau plan. Pas par une nouvelle liste d’interdits. Par un état des lieux.

J’ai construit un quiz de treize questions, à partir de ce que j’entends en consultation depuis des années, qui dresse en trois minutes le portrait de votre relation à la nourriture : la tête qui surveille, le corps qu’on n’entend plus, les émotions qui mènent au placard, la guerre qui dure. Le résultat s’affiche immédiatement, sans email, sans inscription.

Pas encore prêt à faire le point ?

Vous rejoignez la liste EatZen, l’application pour faire la paix avec la nourriture. À l’ouverture : avant-première et premier parcours gratuit. Désinscription à tout moment.

Vous préférez en parler de vive voix ?

Je consulte à Dourdan, à Étampes et en visio. La première séance est un état des lieux de votre histoire avec le poids et la nourriture. Sans jugement, et sans balance obligatoire.


Stéphane Persyn, diététicien-nutritionniste spécialisé en obésité, praticien du G.R.O.S.-TCA, formé ACT. J’ai moi-même vécu l’obésité et les régimes pendant des années : cette page décrit aussi mon histoire.

Sources. Sumithran P. et coll., Long-Term Persistence of Hormonal Adaptations to Weight Loss, New England Journal of Medicine, 2011 ; 365 : 1597-1604. Anses, Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement, rapport d’expertise collective, novembre 2010.