Ma méthode : ce qui se passe vraiment quand vous poussez ma porte
Avant de devenir diététicien, j’ai été patient. J’ai poussé la porte de plusieurs cabinets de diététique, en situation d’obésité, avec l’envie de perdre du poids. Alors je sais très bien ce que vous imaginez en lisant cette page, parce que je l’ai vécu.
On monte sur la balance. On répond à une enquête alimentaire : décrivez-moi une journée type, qu’est-ce que vous mangez le matin, le midi, le soir. On repart avec un plan alimentaire, une liste d’aliments autorisés et une liste d’aliments interdits, et la ferme intention de bien faire cette fois. Puis on revient trois semaines plus tard, on remonte sur la balance, et le chiffre décide si on a été un bon élève.
C’est exactement pour ça que la diététique a mauvaise réputation, et que tant de gens redoutent d’aller voir un diététicien : ils sont persuadés qu’on va les mettre au pain sec et à l’eau.
Je vais donc être clair tout de suite : rien de ce que je viens de décrire ne se passe dans mon cabinet. Ni balance systématique, ni enquête alimentaire, ni plan, ni interdits. Ce que je pratique s’appelle la diététique comportementale, et voici, très concrètement, comment ça se déroule.
La première séance : une heure à une heure trente pour vous connaître dans toutes vos dimensions
Elle ne commence pas par ce que vous mangez. Elle commence par vous. Et vous remarquerez qu’on parle finalement assez peu de votre assiette.
Cette séance dure entre une heure et une heure trente, parfois davantage : il arrive qu’on ne termine pas et qu’on poursuive à la séance suivante. Ce n’est pas un questionnaire à cocher, c’est un entretien, et il explore trois territoires.
Votre histoire avec le poids
On ne remonte pas forcément à votre naissance. On remonte au moment où, pour la première fois, il y a eu un souci avec votre poids ou avec votre corps. Parce que c’est presque toujours par là que ça commence : c’est la relation au corps qui se dégrade en premier, et c’est elle qui vient ensuite abîmer la relation à la nourriture, jamais l’inverse.
Ce point de départ n’est pas le même pour tout le monde. Pour certains, c’est très tôt : un pédiatre qui explique à la mère, devant l’enfant de six ans, que la courbe ne va pas et qu’il faut le mettre au régime. Des personnes que j’accompagne ont ainsi connu leur premier régime avant même l’entrée à l’école. Pour d’autres, c’est une remarque : un camarade de classe, ou l’oncle qui lâche à table qu’il faudrait faire attention, qu’on a changé depuis la dernière fois. Pour d’autres encore, c’est un basculement de vie : je pense à un déménageur devenu informaticien à cause de problèmes de dos. Une belle reconversion, et en même temps un rythme de vie complètement transformé, une activité physique qui s’effondre, une alimentation qui ne suit pas, et une prise de poids importante. Ce peut être aussi un arrêt du tabac non accompagné, une immobilisation, un traitement.
Alors ma question est simple : quand avez-vous eu, pour la première fois, un souci avec votre poids ?
À partir de là, on retrace ensemble votre parcours. Sans chercher les chiffres exacts ni les années précises, rassurez-vous : ce qui compte, c’est le mouvement d’ensemble. Et cette introspection produit souvent des découvertes. Des périodes où vous ne vous êtes pas occupé de votre poids, où vous n’avez rien contrôlé du tout, et où votre poids est resté stable, parfois même a baissé. Et à l’inverse des périodes de contrôle intense, de régimes tenus avec sérieux, à l’issue desquelles vous avez fini plus lourd qu’avant.
C’est souvent à ce moment-là que quelque chose se met en place. Parce que la plupart des personnes que je reçois sont, le jour où elles me consultent, au poids le plus élevé de toute leur vie. Après vingt ans d’efforts.
Votre comportement alimentaire d’aujourd’hui
Là encore, pas d’enquête alimentaire. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le détail de vos apports, c’est le contexte : combien de repas, à quelle heure, où, avec qui, en faisant quoi. À quelle vitesse vous mangez. Comment vous vous sentez en fin de repas. Ce qui se passe en dehors des repas. Les stratégies que vous avez mises en place pour tenir. Et vos sensations : la faim, le rassasiement, ce que vous en percevez encore.
La place que le poids occupe dans votre vie
C’est la partie dont personne ne parle jamais, et c’est souvent la plus décisive.
Je demande d’abord un pourcentage : entre 0 et 100 %, quel est le temps d’antenne qu’occupent, dans votre tête, votre poids, votre corps, votre santé, et donc votre alimentation ? C’est une façon de mesurer la charge mentale que tout cela vous coûte, et les réponses sont parfois vertigineuses.
Puis je pose cette question : qu’est-ce que vous vous empêchez de faire à cause de votre poids ?
Attention, il ne s’agit pas ici de ce que votre corps ne vous permet plus de faire physiquement, courir après vos enfants ou nouer vos lacets, même si on en parle aussi. Il s’agit de tout ce que vous pourriez faire, physiquement, et que vous ne faites pas. Adorer nager et ne jamais aller à la piscine. Ne pas danser en soirée, parce que danser c’est faire bouger son corps, donc l’exposer au regard des autres. Décliner une invitation à dîner, par peur de ne pas réussir à manger comme vous aviez prévu de le faire.
Parfois il n’y a rien de particulier, et c’est très bien. Mais souvent, les gens découvrent en répondant qu’il y a des choses qu’ils ne font plus depuis si longtemps qu’ils ont fini par croire qu’ils n’aimaient pas ça. Ces renoncements-là tiennent à des émotions, pas à des capacités. Et c’est précisément là que la thérapie d’acceptation et d’engagement, dans laquelle je suis formé, prend tout son sens.
La restitution : ce que vous emportez en repartant
La séance ne se termine pas par une ordonnance alimentaire. Et pas davantage par un bilan nutritionnel écrit, ce rapport d’analyse des apports qu’on vous enverrait par courrier : puisque je n’ai pas fait d’enquête alimentaire, je n’ai rien de tel à vous remettre.
Ce que je vous rends, à la fin de la séance, c’est une synthèse verbale de ce que nous venons de comprendre ensemble. Et le mot ensemble compte : l’essentiel a généralement déjà été formulé par vous, au fil de l’entretien. Je remets en ordre, je relie, je nomme.
D’abord, votre histoire. Elle montre presque toujours qu’il s’est passé des choses. Des événements de vie, des ruptures, des contextes. Ce n’est pas un défaut de caractère. L’idée n’est pas de vous déresponsabiliser, mais d’enlever une couche de culpabilité, en distinguant ce qui était sous votre contrôle et ce qui ne l’était pas.
Ensuite, le constat qui change tout. Vous avez passé une grande partie de votre vie à contrôler votre poids, et vous n’y êtes pas parvenu durablement. Attention à la façon dont vous l’entendez : je ne dis pas que vous n’avez pas été capable. Je dis que vous n’avez pas cessé d’essayer, et que ça ne marche pas. Ce n’est pas vous qui avez échoué : c’est la méthode.
Et si vous voulez une raison de plus de ne pas recommencer, prenons la formule qu’on prête à Einstein : la folie, c’est de faire toujours la même chose en espérant un résultat différent. Vous avez fait des régimes, des rééquilibrages, des reprises en main. Peu importe le nom, ce sont des variantes du même geste : contrôler l’alimentation pour contrôler le poids. Si je vous remets demain un plan alimentaire, je vous remets exactement dans ce qui n’a pas fonctionné pendant vingt ans. Quel serait l’intérêt ?
Alors on fait quoi ? On essaie autre chose. C’est là que je vous propose une autre voie, et que je vous explique par quoi on commence.
Ce qui se passe ensuite : devenir l’explorateur de votre propre assiette
Vous ne repartez pas avec un plan. Vous repartez avec une mission : faire connaissance avec vous-même. Mes patients reçoivent d’ailleurs, au lendemain de la première séance, un message dont l’objet porte leur prénom suivi d’un seul mot : l’explorateur. Ou l’exploratrice.
Concrètement, il s’agit d’observer votre comportement et vos habitudes, en les enregistrant en photos dans l’application de suivi que j’utilise avec mes patients. On ne pèse rien, on ne compte rien, on ne calcule rien. Et surtout, on ne change rien à ce que vous mangez : le contenu de votre assiette reste le vôtre, sans consigne et sans jugement. On ne peut pas explorer un terrain qu’on est déjà en train de modifier.
Trois choses seulement sont proposées, et elles portent sur la manière, jamais sur le contenu. Manger sans distraction quand c’est possible, c’est-à-dire sans téléphone ni écran, en gardant bien sûr la conversation avec vos proches ou vos collègues : l’idée est de porter votre attention sur ce que vous mangez. Commencer le repas avec une vraie faim si vous le pouvez, quitte à le décaler un peu quand elle n’est pas là. Et noter ce que vous ressentez : votre niveau de faim avant, votre rassasiement après.
Rien de tout cela n’est un examen. Si ça vous paraît trop contraignant, on adapte, et vous pouvez m’écrire entre les séances.
Ce carnet sert deux choses. À vous, il rend visible ce que vous ne voyiez plus. À moi, il montre par où commencer.
La deuxième séance : le débrief, et la régulation naturelle
Deux semaines plus tard, on débriefe ensemble. Le carnet, le contexte de vos repas, ce que vous avez observé, ce qui vous a surpris. Ensemble, c’est important : ce n’est pas moi qui décrète, c’est nous qui regardons, et nous qui choisissons les axes de travail prioritaires, pour vous, dans votre situation.
Cette séance est aussi celle où je vous présente ce que j’appelle la régulation naturelle. Le principe est simple : on retire le contrôle mental, qui ne fonctionne pas, et on le remplace par un autre contrôle. Je pèse mes mots, parce que c’est le moment où beaucoup de patients s’inquiètent : si j’arrête de me contrôler, je vais me lâcher complètement, et reprendre encore. Non. Il ne s’agit pas de supprimer tout contrôle, il s’agit de changer de pilote. De confier le volant au système de régulation dont notre espèce dispose depuis la nuit des temps, celui qui s’appuie sur la faim, le rassasiement et les sensations.
Ce contrôle-là a un avantage décisif sur l’autre : il fonctionne, et il ne s’épuise pas.
Le rythme : dense au début, puis de plus en plus espacé
Entre la première et la deuxième séance, je ne laisse que deux semaines, et là je suis directif : un carnet d’observation qui traîne quatre semaines perd sa fraîcheur, et avec elle une bonne partie de son intérêt.
Ensuite, on se voit toutes les deux à trois semaines, parfois une fois par mois. C’est votre temporalité qui décide, pas la mienne. Certains ne peuvent pas venir plus d’une fois par mois pour des raisons financières, et c’est parfaitement légitime : on adapte. Je constate simplement qu’en dessous d’une séance par mois, l’accompagnement perd en efficacité.
Cette phase dense dure en général six à huit séances. Puis, autour de la huitième ou de la dixième, quelque chose s’est installé : une vraie autonomie. Les rendez-vous s’espacent alors, et changent de nature. Ce sont des points de situation, presque un garde-fou. Parce que le démon du contrôle peut revenir à tout moment : il suffit parfois d’un événement de vie pour réveiller les vieux réflexes.
À partir de là, chacun trouve son format. Certains préfèrent garder un rendez-vous mensuel. D’autres passent à tous les deux ou trois mois. J’ai des patients que je ne vois plus que deux fois par an, parfois une seule, et à qui je prends des nouvelles entre-temps.
Vous l’aurez compris : cet accompagnement est fait pour que vous n’en ayez plus besoin.
Ce que je ne fais pas
Pas de plan alimentaire, ni de menus types, ni de listes d’aliments autorisés et interdits. Ils fabriquent exactement le problème qu’ils prétendent résoudre.
Pas de pesée à chaque séance. Mes balances servent surtout aux personnes qui ne se sont jamais pesées et qui veulent savoir d’où elles partent, ou à celles qui me le demandent. Sans jugement, et sans balance obligatoire.
Pas de promesse chiffrée. Je ne vous annoncerai jamais un nombre de kilos ni un délai, parce que personne d’honnête ne le peut. Ce que je vous propose, c’est de retrouver votre poids d’équilibre, et c’est l’accompagnement qui permet de le découvrir ensemble.
Et pas de jugement sur ce que vous mangez. Vous en avez eu bien assez.
Où et comment
Je consulte à Dourdan, à Étampes, et en visio, avec exactement le même déroulé et les mêmes outils à distance qu’au cabinet. Ce que vous venez de lire est identique dans les trois cas.
Et si vous préférez avancer seul, à votre rythme, il existe une quatrième voie : EatZen. C’est mon cabinet et mon approche au format numérique, dans une application conçue pour vous rendre autonome, avec la possibilité de prendre une visio avec moi quand vous en ressentez le besoin.
Faites le point
Avant de pousser ma porte, si vous voulez savoir où vous en êtes : j’ai construit un quiz de treize questions, à partir de ce que j’entends en consultation depuis des années : la tête qui surveille, le corps qu’on n’entend plus, les émotions qui mènent au placard, la guerre qui dure. Trois minutes, résultat immédiat, sans email.
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Je consulte à Dourdan, à Étampes et en visio. La première séance est un état des lieux de votre histoire avec le poids et la nourriture, exactement comme décrit sur cette page. Sans jugement, et sans balance obligatoire.
Stéphane Persyn, diététicien-nutritionniste spécialisé en obésité, praticien du G.R.O.S.-TCA, formé ACT. Si je travaille comme ça, c’est aussi parce que j’ai été de l’autre côté du bureau.
